Cette semaine aura été riche en facepalms et je vous avoue avoir eu du mal à choisir le sujet du billet.

Entre une équipe chargée de la communication du président qui rencontre de grandes difficultés (Lucette, nouveau PTZ avec cette tournure de phrase malheureuse, la communication sur l’avion russe), l’incompétence révélée de la ministre du travail en pleine interview radiophonique et télévisée, nous démontrant de facto qu’elle n’est pas aux commandes de la réforme (comment le pourrait elle ? Elle ne maitrise pas le sujet …), le premier ministre en pleine crise d’autoritarisme, les tentatives de censure de la presse par la ministre de la culture … Tout cela rien que pour la politique intérieure, je ne vous parle pas de l’actualité internationale ou des préparatifs de la COP21.

J’aurais également pu évoquer la mutuelle obligatoire d’entreprise à laquelle je vais être obligé de souscrire. Les syndicats me représentant – pour lesquels je n’ai jamais voté et donc à qui je n’ai jamais donné de mandat pour me représenter – ont signé un accord de branche  rendant la dite mutuelle obligatoire pour tous les salariés de notre convention collective. Au delà du fait que d’autres ont décidé pour moi ce qui était bon pour ma santé et mes finances, je me retrouve, comme prévu, moins bien couvert que précédemment à un coût plus élevé. Inutile de préciser que rendre les mutuelles obligatoires va augmenter le coût du travail pour certaines branches d’activités ou conventions collectives, excluant donc de plus en plus d’individus de l’accès à l’emploi, leur niveau de productivité tombant sous le niveau de la rémunération minimale chargée. Je passe volontairement sur le sophisme (pour ne pas dire mensonge) du patron généreux qui vous offre les cotisations dites « patronales » pour votre protection sociale ou votre retraite.

Nos parlementaires ont fait d’une pierre trois coups, ce qui est, admettons le, remarquable  : des salariés moins biens couverts, à des coûts plus élevés tout en augmentant à terme le chômage. Merci mesdames et messieurs les députés, sénateurs et autres syndicalistes de votre dévotion aux idéologies keynésiennes et socialistes.

Non aujourd’hui je voulais vous parler d’une petite nouvelle qui m’a été rapportée par un ami, nouvelle qui est passée plutôt discrètement dans la presse : des élus ont décidé d’utiliser des « autocollants trompe l’œil » pour remplacer les vitrines vides de certains magasins. Oui, vous avez bien lu, habiller des boutiques vides. Cela se passe en Bretagne et comme la situation budgétaire locale et nationale le permet, habiller des locaux de couleurs chatoyantes est la priorité numéro un du moment. L’objectif de l’opération, dont le coût est de 12.500 € pour 12 vitrines est de valoriser les locaux « rester longtemps inoccupés » afin d’inciter des acheteurs potentiels à venir s’y installer. Nous apprenons également que les instances publiques ont choisi des autocollants représentant des commerces jugés « manquants » par les dites instances. Le but de ces investissements pour les élus est de trouver rapidement des acquéreurs pour ces locaux. Seulement 5 propriétaires sur les 12 locaux visés ont bien voulu répondre favorablement à cette demande, les autres redoutant des difficultés supplémentaires pour vendre leur bien avec ces décorations.

Mais les élus n’ont pas décidé de s’arrêter en si bon chemin. Ils se doivent d’aller plus loin, plus fort et plus vite au détriment de l’avis des habitants dont ils sont les représentants. Voici un extrait de l’article du Figaro :

« En dépit du succès indiqué par les municipalités, certains habitants ont quelques doutes. A Faouët on boude le coût de l’initiative, jugé trop important pour des vitrines factices. Mais à la mairie, l’exécutif parle d’un investissement à long terme qui a déjà porté ses fruits.De plus, d’après la communauté, ces trompe-l’oeil sont certes coûteux mais sont conçus pour résister aux intempéries pendant 5 ans. A Guéméné-sur-Scorff, le maire assure pour sa part qu’il n’a eu vent d’aucune objection pour l’instant. Par ailleurs, sur place d’autre dispositifs ont été mis en place pour optimiser le dynamisme économique, notamment le rachat de commerces vides pour le compte de la mairie. »

La citation est longue mais c’est une mine d’or. Nous y apprenons que le maire est déconnecté de ses habitants et que ceux-ci ne sont pas du même avis que lui, trouvant l’opération onéreuse et doutant de son efficacité. La mairie parle « d’investissement ayant déjà porté ces fruits » mais l’article ne fait mention d’aucune reprise de local par des entrepreneurs.

Autre information intéressante : les boutiques sont habillées pour trouver acquéreur. Or ce sera in fine la mairie ! Quelle utilité d’habiller des boutiques qui, faute d’acheteurs, seront finalement reprises par la mairie et donc entretenues par le contribuable local. Si je vous annonce que le maire d’une des villes concernée est ancien colistier du maire sortant PCF, vous n’en saisissez que mieux les raisons. L’économie locale sera donc relancée : un commerce qui n’a économiquement aucune raison d’exister – si un commerce rentable avait été possible, quelqu’un l’aurait déjà ouvert – va être entretenu par le contribuable par des perfusions d’argent public provenant de la mairie ou de l’agglomération de communes, alourdissant la note fiscale locale. En Deux mots : bien joué …

«C’est l’erreur de tous les « socialismes démocratiques », qui consiste à croire que, dès lors que chacun participe au pouvoir, il importe peu que le pouvoir lui-même soit illimité et puisse contrôler tous les aspects de la vie sociale. »

Philippe Nemo

L’initiative, grotesque en soit, est inspirée d’un dispositif mis en place à Domfront en 2011 par un maire sans étiquette. Cette commune a été la première en France a apposé des autocollants sur des boutiques fermées, pour les plus anciennes, depuis une trentaine d’années. D’après l’article de référence, certaines boutiques « ont été rachetés ou remplacés par de vraies boutiques ». Bizarrement, impossible, après de longues heures de recherches de trouver combien de boutiques ni l’identité des acquéreurs.

Je résume la situation : des maires tentent de relancer l’économie de leur ville en décorant des devantures avec des autocollants avant de racheter les locaux dont finalement les coûts seront affectés aux contribuables, sachant que, sans cette pression fiscale galopante, ces commerces seraient peut être encore ouvert (selon l’IREF, en 2014 le poids des prélèvements obligatoires était de 47 % en France contre 39,4 % en moyenne dans les 28 pays de l’Union européenne, 36 % d’impôt sur les sociétés en France (IS) contre 22,9 % pour l’UE …). En clair, les commerces zombies dévorent les commerces sains qui peinent à rester en vie sous l’œil bienveillant d’élus dépassés.

Le parallèle est assez intéressant avec la situation nationale : nos édiles ont des logiciels économiques et sociaux complètement obsolètes et afin de maquiller la vacuité de leurs actions nous ressortent les « villages Potemkine« . Ces villages sont issus d’une légende historique russe : le premier ministre Potemkine, pour satisfaire l’impératrice Catherine II, aurait fait construire sur son chemin de fausses façades luxueuses afin de cacher la misère de son peuple. En collant de jolis « stickers » sur des boutiques, nos dirigeants tentent tant bien que mal de masquer les résultats désastreux de leur idéologie : le socialisme mènera toujours au même endroit, Hayek (ainsi que d’autres) l’avait démontré.

Je trouve cela inquiétant lorsque je regarde le paysage politique français à la veille d’élections régionales, où la seule opposition est un parti socialiste classé à l’extrême droite du fait de son positionnement traditionnel de « troisième voie ».

Notez bien, chères lectrices et chers lecteurs, que ces procédés sont régulièrement utilisés. Vous trouverez ici un article de 2013 évoquant les mêmes autocollants pour un sommet du G8 en Irlande. Si nous regardons les perspectives d’avenir, les boutiques « Potemkine » ont un bel avenir …

Je vous invite à découvrir un petit exemple de socialisme réussi : la ville de Détroit, Michigan, États-Unis d’Amérique.

J’espère que cet article aura, une nouvelle fois, suscité votre intérêt. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques dans la rubrique « commentaires ».

A la semaine prochaine.

Publicités