La famille libérale est complexe, pour tout néophyte découvrant notre philosophie. Entre les classiques, les conservateurs, les minarchistes, les physiocrates (ils n’ont pas tous disparu), les paléos, les libertariens…Vous l’aurez compris il y a de quoi s’y perdre. Pour beaucoup, le libéralisme reste synonyme de Thatcher et de l’école de Chicago (avec tous les préjugés français sur ces deux tendances libérales).

Par quel biais pourrons-nous donc faire valoir nos idées sur le devant de la scène politique française alors que l’état de notre pays est critique et le compte à rebours bien entamé ?

Les dangers du pluralisme

Notre pluralité est notre richesse mais elle est aussi notre future perte. Aucun mouvement français n’arrive à fédérer tous les libéraux. Le PLD est actuellement celui comportant le plus d’adhérents mais il est jugé trop conservateur et trop proche du système politique en place, entraînant de facto la défiance d’une partie du spectre libéral. Par exemple, les libertariens, dont je me sens proche, sont contre toute entente avec des partis pro-État. Certains libéraux, ne désirant soutenir aucune forme d’entrisme au sein des partis, restent donc sur leur faim et ne trouvent pas dans les autres formations existantes de raisons suffisantes de s’engager.

Toutefois, le PLD représente la plus grande formation libérale, permettant des passages dans les médias, radios, journaux… Génération Libre donne également une visibilité aux libéraux. Malgré cela, notre avenir se situe dans une plateforme commune hors de ces mouvements.

En effet, le libéralisme affirme la primauté de la liberté et de la responsabilité de l’individu sur la société. Sa philosophie est donc basée sur la prééminence des droits naturels de l’individu sur le collectif. Il est donc difficile à un mouvement libéral de rassembler l’ensemble de notre famille de pensée, du fait de notre pluralité.

Prendre une carte dans un mouvement politique représente un acte fort, un engagement, une adhésion et peut bloquer ceux qui estiment que nous ne pouvons combattre le système en l’intégrant ou ceux qui ne veulent aucune entente avec des partis pro-État. De plus, le jeu politique de la Vème république force à l’alliance les petites formations.

L’exemple du Tea party

 

Que pouvons-nous donc faire pour peser dans le jeu politique sans entrer dans le système d’alliance classique ? Regardons ce qui se passe de l’autre côté de l’atlantique, où la pensée libérale est également l’un des fondements de la société.

La société américaine est traversée par des difficultés semblables à celles du monde entier. Mais un mouvement citoyen émerge depuis quelques années : le Tea Party (TEA pour Taxed Enough Already que nous pourrions traduire par « Déjà assez imposés »), qui a réussi à regrouper une partie des conservateurs du parti républicain, une partie du Liberty Party (plus proche des libéraux français), des personnalités publiques telles que Thomas Sowell, des professeurs d’économie, et plus généralement tous les citoyens désireux de réduire le poids de l’État américain.

La force de ce mouvement réside pour moi dans ce constat simple : tout le monde peut affirmer son appartenance à ce mouvement. Peu importe les différences d’opinions sur les sujets de société, ils se réunissent derrière la nécessité vitale de réduire la taille de l’État, de réduire l’emprise du politique sur l’économie. Peu importe qu’une partie du mouvement soit pro mariage gay ou pour la libéralisation des drogues, etc. Ils veulent tous réduire en premier lieu le champ d’action de l’État, rendre au citoyen son autonomie..

Nous devrions regarder et nous inspirer de ce que font les Américains : Rand Paul, républicain mais très proche des idées libérales (son père ayant été candidat pour le Liberty Party à l’élection américaine) est un des grands favoris de la primaire républicaine. Des candidats du Tea Party se payent même le luxe de battre des ténors du parti républicain lors d’élections locales. Ce mouvement a réussi, par son importance et malgré l’anonymat de certains de ses candidats, à faire douter l’un des deux grands partis américains.

Union des libéraux

Notre pays a été un bastion de liberté. Celui-ci a connu de grands philosophes, économistes et hommes politiques libéraux tels que les philosophes des lumières, Bastiat, Say, et aujourd’hui encore Pascal Salin… L’avenir de notre pays est sombre et notre philosophie est perpétuellement attaquée dans toutes les émissions politiques grand public. Le temps presse. Il est temps de nous montrer unis.

Nous aurons le temps, comme les membres du Tea Party, de nous diviser par la suite lorsque la situation sera assainie. Nous devons nous réunir dans une plateforme commune, en respectant les spécificités de chacun mais en les laissant de côté pour avancer ensemble vers notre objectif commun. Nous voulons tous réduire cet État alors faisons le ensemble. La situation de notre pays est devenue trop critique pour que nous restions divisés dans l’obscurité, arc-boutés sur des détails qui ne sont compréhensibles que de nous. C’est également l’avenir de nos idéaux qui est en jeu.

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