Pour commencer ce billet je voulais tout d’abord vous confier une de mes faiblesses : je suis fan de la série Homeland.

J’adore cette série et cela pour plusieurs raisons que je ne développerais pas ici, ce n’est pas le but de ce billet. Non ici je voulais aborder un adage que nous entendons ou répétons tous : « la réalité dépasse souvent la fiction ».

Alors oui, combiner des attaques de drones avec une chef de station de la CIA présentant des troubles bipolaires et qui a eu un enfant avec un soldat américain dont le cerveau a été lavé par le successeur de Ben Ladden à la tête d’Al Quaïda (dans la série, ce personnage est fictif) cela fait beaucoup.

Au delà de cette accumulation excessive pour un seul et unique personnage, l’histoire qui nous est contée dans Homeland est, à la lumière des dernières fuites de l’armée américaine, finalement proche de la réalité, voir même en deçà de celle-ci. Je m’explique :

Nous apprenons par les révélations sur cette affaire des « Drones Papers » qu’à peu près 90% des personnes tuées par les attaques ne sont pas des « combattants » étant jusqu’ici officiellement comptabilisés par la CIA et l’armée US mais étaient en fait des civils, civils n’ayant aucunes activités terroristes à la connaissance de la CIA.

Vous trouvez déjà cela énorme pour un pays se présentant comme étant une démocratie et un bastion des « droits naturels » ? Attendez la suite …

Ces frappes ont été décidées non pas après un travail de renseignement de terrain, avec des « assets » (« atouts », des locaux retournés contre leur pays d’origine ou contre leur organisation) recrutés après de longues négociations comme nous pouvons le voir dans la série. Ces documents nous apprennent une toute autre réalité, réalité qui soulève des questions en France et dans d’autres pays occidentaux : ces frappes ont été décidées après des collectes de données via les « lois renseignements » américaines.

Oui, vous avez bien lu. Ces frappes ont été décidées à partir de méta données.

Vous pensiez avoir tout lu, laissez moi déposer d’un geste ample la cerise sur le dôme de chantilly de votre magnifique baba : vous connaissez le principe de la frappe de drone. Je me permet de le rappeler brièvement à ceux qui ne connaitrait pas : des personnes sont enfermés à Washington ou dans des centres opérationnels (les stations de la CIA dans les ambassades à travers le monde par exemple) et les frappes sont décidées à partir d’écran, comme sur des jeux vidéos. Les documents qui ont été révélés rapportent que certains agents considèrent disposer de « pouvoirs divins » du fait de disposer de données collectées ainsi que de pouvoir frapper n’importe qui à partir d’une pièce sécurisée depuis le ciel.

Reprenons tout cela d’un point de vue du droit naturel :

Des données personnelles (qui sont votre propriété) ont été collectées à votre insu par la force de l’Etat, de manière légale ou illégale d’ailleurs (vous vous doutez bien que la collecte de donnée en Irak, Afghanistan, Pakistan, Syrie n’est pas très légale pour le gouvernement américain) afin de procéder à des exécutions sommaires sans aucun procès, exécutions dans lesquelles 90 % des victimes sont des civils.

Comment peut on encore parler de respect des Droits de l’Homme pour une administration dont le président a été prix Nobel de la paix ?

Ajoutez à cela le fait que certains Etats financeraient et armeraient certains groupes « terroristes » comme ici (le but n’est pas de pointer la Turquie, la France, les US et l’UK ont également eu des livraisons d’armes qui sont passées à des groupes ne constituant pas la base de « rebelles démocrates ». Prenez le lien suivant comme un exemple, non comme une accusation de l’unique responsable. Les responsables ici sont les constructivistes qui pensent pouvoir modeler le monde tel qu’ils le souhaitent mais qui échouent à chaque fois) :

Finalement, cette histoire me donne presque envie d’arrêter de regarder l’une de mes séries préférées. Car pour le grand public, elle n’est que fiction et la réalité ne peut être que pire. Pourtant, chaque jour, des faits prouvent le contraire, à savoir que la fiction de Homeland est bien en deçà de la réalité. Mais la grande majorité préfère rester aveugle.

Merci de m’avoir lu, j’espère vous retrouver au plus vite pour un nouveau billet.

Publicités